Testostérone chez la femme ménopausée en France : HAS, GEMVi et la question du matériel
Ce que disent la HAS et le GEMVi sur le traitement par testostérone chez la femme ménopausée, ce qui est autorisé en France, et la question du matériel que la plupart des articles ignorent.
Par Daisy Lin
Rédactrice médicale • Vérifié le 25 avril 2026
Pour la femme ménopausée en France, la testostérone est envisageable, selon les positions HAS et GEMVi, uniquement en cas de trouble du désir sexuel non amélioré par le THS standard — pas pour la fatigue, l'humeur ou le brouillard cognitif. Le produit le plus souvent retenu en pratique européenne est AndroFeme 1 % crème, disponible sur autorisation d'accès compassionnel ou par importation nominative, aucun produit testostérone féminin n'étant autorisé en France. Le Testogel 1 % gel est parfois utilisé hors AMM à des doses bien plus faibles que l'indication masculine. La testostérone injectable à dose féminine est rare en pratique française parce que le Nebido et le Sustanon sont formulés pour des doses masculines deux ordres de grandeur plus élevées.
L'attention publique portée à la ménopause depuis la fin des années 2010 a mis le traitement substitutif de testostérone chez la femme à l'agenda des patientes à grande échelle. La base de données cliniques sur la testostérone féminine à faible dose se construit depuis vingt ans. Le paysage réglementaire et de prescription en France n'a pas suivi. Le résultat est une cohorte de patientes frustrées, un écosystème fragmenté de cliniques privées de la ménopause, et beaucoup de confusion sur ce qui est autorisé, ce qui est recommandé, et quel est le matériel d'injection en pratique.
Cet article est strictement informatif. Il ne donne pas de conseil de dose. Il ne recommande aucun produit spécifique. Il ne conseille pas si le traitement par testostérone est adapté à vos symptômes de ménopause — cela relève de vous et d'un prescripteur expérimenté en prise en charge de la ménopause.
Ce que disent la HAS et le GEMVi
La HAS aborde la testostérone substitutive dans le cadre du THS de la ménopause :
Envisager une supplémentation en testostérone chez les femmes ménopausées présentant un trouble du désir sexuel si le THS seul n'est pas efficace.
Cette recommandation établit que la testostérone est à envisager chez les femmes ménopausées avec l'indication précise d'un trouble du désir sexuel non amélioré par un THS standard. Elle ne précise ni produit, ni dose, ni voie, ni calendrier de suivi. La HAS laisse ces détails opérationnels au GEMVi (Groupe d'Étude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal) et aux prescripteurs individuels.
La recommandation est aussi étroitement bornée. La testostérone n'est pas actuellement recommandée pour la fatigue, l'humeur, le brouillard cognitif, l'énergie ou tout autre symptôme que la communauté patiente associe le plus souvent à un déficit en testostérone. Les recommandations sont explicites sur ce point — le désir sexuel est la seule indication soutenue.
Ce qu'ajoute le GEMVi
Les fiches de bonne pratique du GEMVi sont le document opérationnel des spécialistes français de la ménopause. Elles précisent la recommandation HAS :
- Indication : trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD) chez la femme ménopausée sous THS adéquat
- Produit privilégié à l'international : AndroFeme 1 % crème de testostérone, autorisée en Australie, accessible en France par importation nominative ou accès compassionnel
- Option hors AMM : Testogel (gel de testostérone 1 % autorisé pour l'hypogonadisme masculin), utilisé à des doses bien plus faibles que l'indication masculine
- Plage de dose : faible, le document GEMVi fournissant les chiffres précis de micro-dose que nous ne reproduisons pas ici
- Suivi : testostéronémie totale par bilan sanguin, avec des plages cibles définies
- Durée : essais typiques de 3 à 6 mois avec réévaluation
Le document GEMVi est la référence sur laquelle s'appuie tout médecin ou spécialiste expérimenté en ménopause en France. C'est aussi celui sur lequel travaillent typiquement les cliniques privées de ménopause. Sa lecture est utile à toute patiente qui veut comprendre ce que suit son prescripteur.
Ce qui est réellement autorisé en France
| Produit | Type | Statut France | Indication |
|---|---|---|---|
| AndroFeme 1 | Crème de testostérone 1 % | Non autorisé en France ; importation nominative | Autorisé en Australie pour le trouble du désir sexuel féminin |
| Testogel | Gel de testostérone 1 % | Autorisé | Hypogonadisme masculin uniquement, hors AMM pour usage féminin |
| Tostran | Gel de testostérone 2 % | Autorisé | Hypogonadisme masculin uniquement, hors AMM pour usage féminin |
| Nebido | Testostérone undécanoate IM | Autorisé | Hypogonadisme masculin uniquement, généralement non utilisé pour la TRT féminine du fait des doses |
| Sustanon 250 | Esters de testostérone IM | Autorisé | Hypogonadisme masculin uniquement, généralement non utilisé pour la TRT féminine |
Le résumé honnête : aucun produit de testostérone autorisé en France n'est approuvé pour usage féminin. AndroFeme est le produit privilégié à l'international, et il n'est accessible que par importation nominative, ce qui veut dire que chaque prescription oblige le prescripteur à importer le produit spécifiquement pour la patiente. C'est administrativement lourd et de nombreux médecins traitants ne le prescriront pas, renvoyant les patientes vers des cliniques privées de ménopause.
Pourquoi la testostérone féminine injectable est rare en France
Les deux préparations injectables de testostérone autorisées en France (Nebido, Sustanon) sont conçues pour des doses masculines de remplacement — Nebido à 1 000 mg toutes les 10 à 14 semaines, Sustanon à 250 mg toutes les 2 à 3 semaines. Le remplacement chez la femme se fait à des doses deux ordres de grandeur plus faibles : les doses féminines typiques sont de l'ordre de quelques milligrammes par semaine, pas des centaines.
Diluer le Nebido ou le Sustanon pour délivrer un volume à dose féminine pose des défis de mesure, et aucun de ces produits n'est autorisé ou formulé pour cet usage. La voie dominante en pratique française est donc transdermique — crème AndroFeme ou gel Testogel, pas l'injection.
Il existe une petite communauté de cliniques privées et d'auto-prescription qui utilise la testostérone cypionate ou énanthate diluée par injection sous-cutanée à doses féminines (typiquement 1 à 2 mg deux fois par semaine, prélevés dans une seringue type insuline 1 mL ou 0,3 mL). C'est franchement hors AMM et en dehors des recommandations HAS/GEMVi. C'est aussi une pratique qui existe en France, par des cliniciens et des patientes qui ont pesé les compromis.
La question du matériel — quel calibre, quelle longueur, quelle seringue — est la part que nous sommes qualifiés pour traiter. La décision clinique, non.
Pour réapprovisionner : Seringues stériles sont expédiées depuis notre entrepôt UE — Voir le catalogue.
Côté matériel
Pour la testostérone à dose féminine administrée par injection sous-cutanée (la voie hors AMM, sous supervision de clinique privée, et non la première intention HAS/GEMVi) :
- Seringue : seringue type insuline 1 mL ou 0,3 mL avec aiguille intégrée. La seringue de 0,3 mL avec graduations fines (chaque 0,5 unité sur une échelle de 100 unités = 0,005 mL) est préférable pour les très petites doses où la précision compte.
- Calibre : 29G ou 30G × 1/2 pouce est le standard pour l'injection sous-cutanée superficielle de testostérone huileuse en faible volume.
- Prélèvement : une aiguille de prélèvement 21G ou 22G distincte est recommandée pour gérer la viscosité de l'huile. Prélever à travers une 29G n'est pas pratique.
- Site : sous-cutané abdominal, avec les mêmes règles de rotation que toute autre injection sous-cutanée.
- Volume : typiquement plafonné à 0,2 mL par site pour éviter l'inconfort lié à la pression.
Nous fournissons le matériel. Nous ne fournissons pas le médicament, ne conseillons pas sur les voies de prescription, et ne recommandons pas la voie hors AMM en clinique privée par rapport à la voie crème HAS/GEMVi de première intention. Les deux ont leur place. Votre prescripteur et votre spécialiste de ménopause sont les bonnes personnes pour décider avec vous.
Questions fréquentes
Pourquoi mon médecin traitant ne me prescrit-il pas de testostérone ? La raison la plus courante est qu'AndroFeme nécessite une importation nominative, ce qui est administrativement peu familier en soins primaires. La prescription du Testogel/Tostran hors AMM pour usage féminin est un jugement clinique que beaucoup de médecins traitants déclinent sans soutien explicite d'un spécialiste de la ménopause. L'orientation vers une consultation hospitalière de ménopause, là où elle existe et a des places, est la voie standard.
Les cliniques privées de ménopause sont-elles chères ? Consultation initiale typiquement 200–400 € en 2026 dans la pratique privée de ménopause en France ; consultations de suivi 100–200 € ; les ordonnances privées s'ajoutent au coût des médicaments. De nombreuses patientes utilisent les cliniques privées pour la composante testostérone de leur THS et restent sur le remboursement Sécurité sociale pour les œstrogènes et la progestérone.
Le traitement par testostérone est-il sûr à long terme chez la femme ? La position du Consensus mondial Davis et al. 2019 a passé en revue les données disponibles à ce moment-là et n'a pas trouvé de signal de risque cardiovasculaire, d'augmentation du cancer du sein ou d'autre événement indésirable aux doses féminines de remplacement. Les études à long terme (>5 ans) à doses féminines restent limitées, et le GEMVi est explicite sur le fait qu'un suivi continu fait partie du traitement.
Et les symptômes que la HAS ne reconnaît pas — fatigue, brouillard cognitif, humeur ? La base de données pour une amélioration de ces symptômes par la testostérone est plus faible que pour le désir sexuel, raison pour laquelle la HAS limite sa recommandation. Certaines patientes décrivent une amélioration ; d'autres non. C'est l'un des domaines où le ressenti patient et la base de données formelle ne s'alignent pas encore proprement. Un essai sous supervision spécialisée avec un suivi explicite des symptômes est la voie constructive.
FAQ
Existe-t-il un produit testostérone féminin autorisé en France ? Non. AndroFeme est le produit privilégié à l'international et n'est accessible que par importation nominative. Tous les autres produits de testostérone sont autorisés pour l'hypogonadisme masculin.
Puis-je obtenir de la testostérone remboursée pour la ménopause ? Parfois, par orientation vers une consultation hospitalière de ménopause ayant la capacité de prescrire AndroFeme par importation nominative ou Testogel hors AMM. Beaucoup de médecins traitants déclinent l'initiation sans soutien spécialisé.
Pourquoi les spécialistes de la ménopause n'utilisent-ils pas la testostérone injectable chez la femme ? Les produits injectables autorisés en France (Nebido, Sustanon) sont formulés pour des doses masculines 100 fois plus élevées que les doses féminines de remplacement. Les diluer pour atteindre un volume à dose féminine n'est pas pratique.
Quel calibre de seringue pour la testostérone SC féminine hors AMM ? Seringue type insuline 29G ou 30G × 1/2 pouce (corps de 1 mL ou 0,3 mL), prélevée à travers une aiguille de prélèvement 21G ou 22G distincte.
Devrais-je consulter une clinique privée de ménopause ? Cela dépend de la capacité de votre prescripteur Sécurité sociale à proposer la testostérone dans son service de ménopause. Beaucoup de patientes combinent prescription remboursée pour œstrogène/progestérone et prescription privée pour la testostérone.
Une note sur la pratique sécurisée
Si vous utilisez de la testostérone injectable — quelle que soit la voie, sous quelque prescripteur que ce soit — les standards de matériel sont les mêmes que pour toute auto-injection :
- Aiguilles et seringues à usage unique uniquement
- Matériel stérile, individuellement emballé
- Tampon d'alcool pour nettoyer la peau et le col du flacon
- Collecteur DASRI pour l'élimination — jamais les ordures ménagères
- Conservation du médicament selon le RCP (réfrigéré pour les flacons dans la majorité des cas)
- Suivi documenté — tenez un journal écrit ou via une application des date, site et dose d'injection
Pour des seringues à insuline 30G × 5 mm et 29G × 1/2 pouce pour injection en faible volume, parcourez la gamme 29G. La décision clinique est en amont de nous ; le côté matériel est là où nous pouvons aider.
Pour réapprovisionner le matériel décrit dans cet article : Seringues stériles partent de notre entrepôt UE avec suivi. Nous livrons le matériel — pas le médicament.
Sources
- NICE NG23, Menopause: identification and management — nice.org.uk
- British Menopause Society, Tool for Clinicians: Testosterone Replacement in Menopause — thebms.org.uk
- Davis SR, Baber R, Panay N et al. Global Consensus Position Statement on Testosterone Therapy for Women. Climacteric. 2019;22(5):429–434 — doi.org
- Lawley Pharmaceuticals, AndroFeme 1 SmPC — emc
- Endocrine Society, Testosterone Treatment of Female Sexual Dysfunction — endocrine.org
- Besins Healthcare UK, Testogel SmPC — emc
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours votre prescripteur ou votre pharmacien pour des conseils adaptés à votre situation.
Frequently asked questions
Pourquoi mon médecin traitant ne me prescrit-il pas de testostérone ? +
La raison la plus courante est qu'AndroFeme nécessite une importation nominative, ce qui est administrativement peu familier en soins primaires. La prescription du Testogel/Tostran hors AMM pour usage féminin est un jugement clinique que beaucoup de médecins traitants déclinent sans soutien explicite d'un spécialiste de la ménopause. L'orientation vers une consultation hospitalière de ménopause, là où elle existe et a des places, est la voie standard.
Les cliniques privées de ménopause sont-elles chères ? +
Consultation initiale typiquement 200–400 € en 2026 dans la pratique privée de ménopause en France ; consultations de suivi 100–200 € ; les ordonnances privées s'ajoutent au coût des médicaments. De nombreuses patientes utilisent les cliniques privées pour la composante testostérone de leur THS et restent sur le remboursement Sécurité sociale pour les œstrogènes et la progestérone.
Le traitement par testostérone est-il sûr à long terme chez la femme ? +
La position du Consensus mondial Davis et al. 2019 a passé en revue les données disponibles à ce moment-là et n'a pas trouvé de signal de risque cardiovasculaire, d'augmentation du cancer du sein ou d'autre événement indésirable aux doses féminines de remplacement. Les études à long terme (>5 ans) à doses féminines restent limitées, et le GEMVi est explicite sur le fait qu'un suivi continu fait partie du traitement.
Et les symptômes que la HAS ne reconnaît pas — fatigue, brouillard cognitif, humeur ? +
La base de données pour une amélioration de ces symptômes par la testostérone est plus faible que pour le désir sexuel, raison pour laquelle la HAS limite sa recommandation. Certaines patientes décrivent une amélioration ; d'autres non. C'est l'un des domaines où le ressenti patient et la base de données formelle ne s'alignent pas encore proprement. Un essai sous supervision spécialisée avec un suivi explicite des symptômes est la voie constructive.
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